Chapitre 10: Rapprochement inattendu


Le Jouet chapitres / dimanche, décembre 2nd, 2018

Hola lecteur ou lectrice. Sache qu’un passage de ce chapitre a été coupé car il comportait une scène de sexe décrite. Mais sache que tu pourras le découvrir à la sortie du livre, lorsque tous les chapitres seront parus sur ce site. Je te remercie de ta compréhension! Bonne lecture 😉

Psiek gardait les yeux fermés, profitant du bruit de fond pour se détendre. Deux longs mois s’étaient passés depuis qu’on lui avait donné un nouveau rang. La Faucheuse. La seule et unique. Et pourtant, elle n’avait pas encore eut à combattre sous ce visage. Sous ce rôle.

Les combats s’étaient enchaînés tranquillement. Elle avait été blessée un grand nombre de fois, mais elle remportait toujours la victoire. La châtain se relevait chaque fois. Peu importe ce qui lui arrivait. Une part de son esprit se refusait à se laisser aller. Son corps était devenu esclave de tout son intellect.

Elle ne pouvait plus respirer à cause d’un coup violent dans l’estomac ? Elle ignorait la douleur et se forçait à se relever et à avaler une grande bouffée d’air.

Sa tête tournait, affaiblie par la perte conséquente de sang ? Peu importe. Elle fixait son objectif et combattait de plus belle. La défaite lui était interdite. Ou plutôt, elle n’osait pas imaginer ce qui se passerait, si elle venait à perdre… Elle ne voulait pas se l’imaginer.

La jeune femme rouvrit finalement les yeux, son esprit se reconnectant totalement à la réalité. Le bruit de fond redevint le brouhaha d’une foule en délire qui n’attendait qu’une seule chose : Le premier combat officiel de la Faucheuse. Ils ne voulaient pas du pain et des jeux. Ils voulaient du sang. Uniquement du sang. Qu’une pluie de douleur s’abatte lourdement dans l’arène. Certains semblaient même espérer être aspergé de ce précieux liquide.

Un monde de fous entourait Psiek.

Ses yeux se perdirent un court instant sur le tissu orange qui recouvrait sa peau. Une robe simple laissait à nu ses épaules et une partie de ses bras. Ses cuisses étaient dévoilés sur l’avant tandis que l’arrière était à moitié camouflé. Contrairement à sa tenue de Gladiatrice, Psiek cachait le symbole au-dessus de sa poitrine. Elle avait tenu à ce que son rôle de gladiatrice et de Faucheuse soient bien séparés.

Elle avança d’un premier pas dans l’arène, regardant la foule d’un air blasé. La peur s’était logée dans son estomac, mais son esprit refusait de le montrer. En combat normal, même si elle craignait la défaite, il ne pouvait, normalement, rien lui arriver. Mais là, il s’agissait d’un combat à mort.

La demoiselle atteignit finalement le milieu de l’arène et regarda autour d’elle. Elle croisait parfois le regard d’une personne et n’arrivait pas à comprendre ce qui était exprimé. Parfois, elle croyait lire de l’admiration. Mais pouvait-on réellement admirer quelqu’un tout en espérant sa mort ou sa souffrance ? Pouvait-il réellement avoir deux sentiments totalement contradictoires pour une seule et même personne ? Pour un être fait de chair et de sang ?

Pour une femme présente contre son gré…

Psiek secoua la tête et enfila son masque, soulagée d’avoir eut l’autorisation de le porter. Elle avait tenu à le fabriquer elle-même, en s’inspirant d’une vieille croyance de son village. Un visage partiellement brisé, séparé en noir et blanc et traversé d’un sourire démoniaque. La légende disait que ce masque apportait assurance et force à la personne, et qu’il avait été autrefois le visage d’une dangereuse guerrière qui changeait sans cesse de camp.

La demoiselle espérait que ce masque lui porterait chance. Et au pire, il lui permettrait de cacher la souffrance de son visage.

La châtain espéra quelques instants tomber sur Mérisse, songeant à enfin se venger sur son comportement. Mais malheureusement pour elle, il s’agissait d’une fille frêle qui débarquait. Plutôt petite et maigre, elle ne semblait avoir aucune faculté dans le domaine du combat… Mais elle préférait se méfier.

La Faucheuse se mit en position d’attaque et attendit le signal. Elle fonça immédiatement vers sa victime et lui assena un violent coup de poing en plein dans l’estomac, néanmoins surprise : La jeune adversaire tomba à genoux, se tenant le ventre avec douleur. Psiek préféra se méfier et lui administra un coup de pied dans la mâchoire, la regardant tomber violemment en arrière et se mettre à geindre.

Un doute commença à traverser la gladiatrice et un frisson parcourut son échine. La fille face à elle ne faisait clairement pas semblant. Elle pouvait la voir pleurer et ramper vers l’extérieur. Ce n’était pas du théâtre. Ce n’était pas une combattante. Pour son premier rôle de Faucheuse, on lui avait offert une parfaite débutante…

La châtain ne put s’empêcher de lever la tête vers le Maître et devina un sourire sur son visage. Fémence se tenait exceptionnellement à côté de lui et lui servait visiblement un verre de vin. Le roux tourna discrètement le regard vers Psiek et lui fit un drôle de signe. Puis, d’un mouvement de tête discret, il désigna les spectateurs dans son dos. La combattante put voir un certain ennui dans leurs regards. Ils s’ennuyaient. On leur avait vendu un combat à mort, et ils voyaient simplement une jeune fille se faire maltraiter par une plus forte qu’elle.

Elle se rappela alors de son premier combat. De la première personne qu’elle avait tué. Avant de mourir, la jeune femme avait tenté de la faire souffrir pour amuser le public. Si le combat n’était pas à niveau égal, il fallait ruser et trouver le moyen de raviver l’intérêt de tous.

Elle n’avait pas le choix.

Psiek força son adversaire à se mettre sur le dos, bloquant ses bras sous le dos. La jeune fille poussa un cri de douleur à cause de la force exerçait sur ses os et ses muscles. La châtain lui pinça le nez pour la forcer à ouvrir la bouche, prenant une poignée de sable et l’enfonçant. Elle appuya ensuite sa main sur la bouche et lui lança un regard glacial :

­ « Avale, sale garce. Avale si tu veux que j’en finisse vite… »

La victime déglutit et commença à s’étouffer. Psiek se releva et s’écarta, regardant le corps trembler et tenter de reprendre sa respiration, de nombreux gémissement s’échappant. Les cris semblaient contenter les spectateurs. Mais il en fallait plus. Toujours plus.

Psiek soupira et donna un violent coup de pied dans le cou de la demoiselle, ressentant un étrange plaisir à la voir suffoquer. Même si une partie d’elle ne supportait pas de s’en prendre à une personne innocente, elle sentait qu’il était grisant d’avoir tout contrôle sur une autre personne. Sur son corps, sa douleur. Avoir droit de vie ou de mort sur elle…

Elle arrivait presque à comprendre Mérisse et son plaisir malsain à torturer physiquement et mentalement. Mais la châtain ne voulait pas devenir comme Psiek. Elle ne voulait pas devenir une personne incontrôlable, uniquement guidée par ses pulsions perverses. Elle voulait avoir le total contrôle sur son corps, ses goûts et sa personne.

C’était la seule manière pour pouvoir un jour se venger du Maître.

La Faucheuse se replaça au-dessus de sa victime et hissa ses bras au-dessus de sa tête. De sa main libre, elle commença à asséner des coups de poings au niveau de son nez, dans un angle précis. Elle tenta d’ignorer la douleur qui parcourait son poing et se concentra pour ne pas glisser malgré le sang qui s’écoulait.

Des tonnes d’idées commençaient à parcourir son esprit pour le prochain combat, pour pouvoir affliger davantage de blessures, tout en respectant la règle de ne pas « porter d’armes ». Elle savait par avance ce qu’elle exigerait. Et elle avait presque hâte de la suite…

Ignorant une nausée qui la prit à cause de l’odeur du sang, Psiek décida d’en finir. La pauvre fille avait bien assez souffert comme ça et elle devait abréger.

Inspirant profondément, elle se pencha, releva son masque et mordit violemment dans le cou de sa victime, arrachant sa jugulaire. Elle recracha le morceau entre ses lèvres et regarda le corps trembler et se vider de son sang. Elle avait réussi. Et ils semblaient satisfaits.

La demoiselle se releva finalement, sans un regard pour le cadavre, tournant les yeux vers le Maître. Ce dernier hocha simplement la tête et se releva, disparaissant des gradins. Fémence lui embêta rapidement le pas, sans aucun regard vers la jeune fille.

Psiek n’était pas sûre que ce soit bon signe.

Elle soupira et voulu rejoindre sa chambre, mais on la guida vers l’une des salles de bain du rez-de-chaussée. Visiblement, son combat la récompensait d’une séance de nettoyage qu’elle ne se voyait pas refuser. Le sang commençait déjà à sécher sur sa peau et elle détestait particulièrement cette sensation. Sans compter que la nausée persistait. Elle avait toujours le goût en bouche et avait du mal à croire qu’elle avait été capable d’arracher un morceau de chair sur le corps de quelqu’un parfaitement en vie. Son cœur battait encore à tout rompre et ses doigts tremblaient légèrement, dans un mélange d’excitation et de terreur personnelle.

La demoiselle rentra dans la grande salle de bain et se déshabilla immédiatement. Elle commença par rincer son corps avec un seau et une brosse, se glissant ensuite dans l’eau délicatement tiède et parfumée. C’était bien la seule chose qui avait du positif, depuis qu’elle était ici. Pouvoir profiter d’une sensation chaude, d’une eau claire… Sentir sa peau devenir étrangement plus douce.

Elle comprenait mieux la délicatesse qui émanait de Fémence. Il devait prendre des bains très souvent.

Psiek soupira et s’enfonça dans l’eau jusqu’au menton, observant ses cheveux flotter à la surface. Elle s’amusa un instant à souffler sous l’eau, faisant quelques bulles. C’était durant ces rares moments qu’elle pouvait oublier un instant qui elle était réellement. La tueuse piégée dans une cage en or redevenait la fille simple qui aimait jouer avec les biquettes…

­ « Tu as très bien combattu aujourd’hui. Le Maître a été surpris de voir que tu as su amuser la galerie, avec cette poupée sans aucun charme… »

Psiek sursauta et se redressa par réflexe, tournant la tête en arrière. Des rougeurs commencèrent à apparaître sur ses joues et elle hésita fortement à sortir du bain pour se rhabiller. Mais quelque chose la perturbait… Fémence était presque entièrement nu. Il n’y avait qu’une simple serviette blanche pour camoufler sa partie basse. Autrement dit, si elle comprenait bien la situation, Fémence comptait la rejoindre dans le bain.

La châtain poussa un petit cri de surprise en voyant le roux se débarrasser de sa serviette et se rapprocher. Elle concentra alors son regard droit devant elle, s’intéressant étrangement à l’architecture de la salle de bain. Était-ce du marbre ? Peut-être qu’il y avait des traces d’or un peu partout et…

Un frisson la parcourut lorsqu’elle sentit le roux s’installer à ses côtés dans l’eau. Elle osa tourner le regard vers lui, ne pouvant s’empêcher d’afficher une frimousse embarrassée et mécontente.

­ « Il va falloir que tu apprennes à user de tes charmes et à assumer entièrement ton corps, si tu veux pouvoir réaliser ton rêve… »

­ « Plaît-il ? » demanda la demoiselle, complètement perturbée.

Comment ça, user de ses charmes et assumer pour… Réaliser son rêve ? Que voulait-il dire par là ?

Fémence soupira et secoua doucement la tête, forçant la demoiselle à s’installer devant lui. Il glissa lentement ses mains sur le dos de la demoiselle, effectuant quelques caresses. Elle avait les épaules larges, signe qu’elle devait avoir beaucoup travaillé dans les champs. Et pourtant, un certain charme émanait de son corps. Pourtant, elle ne ressemblait pas du tout aux idéales du Maître…

Il soupira et glissa soudainement ses mains sur ses deux seins, déclarant qu’il voulait parler de ses deux charmes-là. Il se retint difficilement de rireen sentant la demoiselle se crisper. Pourtant, malgré sa gêne, il pouvait devinerune certaine excitation émaner… Il entama un léger massage et ses doutes furent confirmer par le bout des seins qui commençaient à durcir. Il n’était pas dupe. Il se doutait qu’une fille de la campagne, de son âge, avait déjà goûté aux pêchés de la chair. Et depuis le temps qu’elle était ici, elle n’avait sûrement pas pu se satisfaire, faire taire l’envie au fond d’elle…

­ « Si tu veux, je peux t’aider à jouer de tes charmes… Je n’ai jamais rien fait avec une fille qui gardait ses poils. J’ai envie de tester… »

Psiek lança un regard courroucé vers Fémence et lui intima de retirer ses mains. Mais elle devait bien avouer qu’elle n’était pas totalement indifférente… Même s’il était physiquement ambiguë, faisant parfois penser à une femme, elle ne devait pas nier qu’elle était très attirée. Ou peut-être était-ce le manque qui parlait pour elle ? Même si elle ne courrait pas forcément après ça… Elle n’avait jamais osé se donner du plaisir solitaire, à cause d’une manque d’intimité. Même dans sa nouvelle chambre…

Elle laissa un gémissement s’échapper de ses lèvres en sentant ses doigts jouer avec ses tétons et les pincer délicatement. La demoiselle déglutit avec difficulté, sentant l’une des mains glisser de plus en plus bas. Son corps commençait à s’échauffer. Elle sentait qu’elle allait craquer…

­ « J’ai les goûts du Maître… Je peux t’aider… T’apprendre à utiliser ton corps pour t’approcher de lui… Je sais ce que tu veux… Laisses moi faire et je te promets que tu finiras par te venger… »

Psiek sursauta en sentant des dents mordiller son oreille droite. Il avait deviné ? Pourtant, elle avait absolument tout fait pour avoir l’air soumise… Mais Fémence semblait pouvoir lire en chacun. Surtout en elle. Elle ne comprenait absolument rien.

Que devait-elle faire ?

Elle tenta de réfléchir, mais les doigts de Fémence l’empêchaient de parvenir au bout de ses pensées. Quelque chose lui disait qu’elle ne devait pas lui faire confiance. Mais en même temps… Il était à la botte du Maître. Lui aussi devait en avoir marre d’obéir à cet être ignoble, non ? Lui aussi devait vouloir se venger… pourquoi lui proposer de l’aider, sinon ? Il y avait tellement de femmes dans ce manoir. Il lui portait un intérêt particulier. Peut-être parce qu’elle était la seule à tenter de se battre pour s’en sortir…

La jeune femme se retourna et glissa ses bras autour du cou de Fémence, sentant son corps s’échauffer davantage en voyant son regard brûlant. Elle n’avait pas pensé à cette option, jusque-là. Mais Fémence était très proche du Maître. Elle sourit et déposa ses lèvres sur les siennes, entamant un baiser particulièrement endiablé. S’il fallait, elle l’utiliserait…

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