Chapitre 19: Rencontre avec l’inconnue


Le Jouet chapitres / vendredi, octobre 25th, 2019

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Son regard observait la porte avec une certaine appréhension. On ne lui avait clairement pas laissé le choix. Elle se devait de contenter toutes les demandes de cette Prisme. Peu importe leurs natures. Peu importe son envie.

Elle n’avait pas le choix.

La demoiselle soupira et poussa finalement la porte, pénétrant la « chambre rose ». Cette dernière semblait être dotée d’une ambiance intime, sans que Psiek ne puisse réellement comprendre comment. Les verres des lanternes avaient été teints en rose pour tamiser la lumière, tandis que de grandes draperies en mousselines entouraient un lit en baldaquin.

Par ailleurs, de nombreux coussins d’un pourpre intense y étaient accumulés, donnant l’impression que l’on pourrait y faire son meilleur somme.

Mais la châtain savait parfaitement que cette chambre n’était pas faite pour une activité aussi innocente.

Elle soupira et s’approcha du lit, s’asseyant. Comme elle l’avait deviné, le matelas était particulièrement moelleux. C’était presque un crime de réserver ce genre de lit à des activités sexuelles, alors qu’un sommeil réparateur était promis après une seule nuit dans cette chambre…

Mais avait-elle réellement le luxe de se plaindre ? Pas du tout. Elle ne devait jamais oublier sa condition, qui elle était, et où elle se trouvait. Ses nombreuses victoires lui avaient d’ailleurs fait perdre un peu la tête, puisqu’elle s’était crue à l’abris de vendre son corps pour le maître. Certes, il ne serait cédé qu’à une seule personne…

Mais n’était-ce pas déjà trop ?

Voyant la porte s’ouvrir, la combattante commença à se redresser, néanmoins perplexe : Un jeune homme, visiblement asiatique, se tenait devant elle. Lui-même semblait surpris de sa présence, vu le léger sursaut qui l’avait traversé. Pourtant, il ne quittait pas la salle, bien au contraire…

Un sourire qui ne plaisait pas à Psiek s’installa sur le visage du nouveau-venu. Malgré son étonnement, on devinait qu’il était finalement ravi d’être tombé sur la jeune femme. Pourtant, il était peu possible qu’il la prenne pour une courtisane. Après tout, qui ne connaissait pas la Faucheuse ? Elle devait sa renommée à ce triste titre. Personne ne pouvait l’ignorer.

L’homme s’inclina finalement avec respect, expliquant qu’il était venu saluer Prisme, ayant eut vent de sa venue et sachant qu’elle prenait toujours cette chambre lors de ses visites. Psiek comprenait un peu mieux pourquoi ce lit était d’une telle qualité. Il était bien là pour un sommeil des plus parfait. Mais pas pour elle. Pour une autre, qui avait visiblement su gagner les faveurs du Maître.

Comment ?

 

  • « À vrai dire, je suis ravi de tomber sur vous. Je ne m’y attendais pas, mais je rêvais de vous rencontrer depuis un moment ! » lâcha finalement le brun, une expression étrange sur le visage.

 

La châtain sentit un frisson de dégoût la traverser. Le sourire de l’homme était particulièrement pervers. S’il ne se contenait pas un minimum, elle aurait pu parier qu’il serait en train de se baver dessus.

Ecœurant.

Psiek tenta de garder son calme et le remercia simplement pour son… Admiration ? Elle le regarda avec hésitation, pas vraiment certaine. En général, elle ne se serait jamais permis de dire qu’on l’admirait. Mais là, il était difficile d’utiliser d’autres termes. Les yeux brillants, l’air béat… L’homme était clairement en train de l’admirer, et cela la mettait particulièrement mal à l’aise.

Elle s’en serait bien passé.

La jeune femme soupira discrètement et proposa de le raccompagner jusqu’à la porte, même s’il était encore devant, mais il décida finalement de s’approcher de quelques pas. L’homme aux yeux bridés saisit soudainement les mains de Psiek, les joignant contre lui, faisant une demande qui ressemblait davantage à une supplication :

 

  • « Par pitié, passons un moment ensemble ! J’ai vu vos prouesses dans l’arène, je suis parfaitement certains que vous pourriez me faire énormément de bien.. Il suffirait de… »

 

Psiek ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase. Ecœurée, elle ne put s’empêcher de le repousser et de lui asséner une méchante gifle. Elle regretta néanmoins aussitôt son geste en voyant la trace rouge sur la joue du pauvre garçon.

Qu’allait lui faire le Maître ? Elle avait osé lever la main sur un invité ! Et elle ne pourrait clairement pas le nier puisqu’il en portait la marque ! Elle qui avait fait tant d’effort pour gravir les échelons, elle se retrouvait désormais complètement affaiblie…

Alors que son esprit paniquait et s’enfuyait dans tous les sens, le garçon saisit de nouveau la main de la demoiselle. Il n’y avait aucune fureur dans son regard, pas de colère, pas de peur ni même de douleur… Bien au contraire, l’excitation se lisait clairement dans son regard, ainsi qu’une certaine… Supplication ?

La châtain déglutit difficilement en entendant l’homme la remercier et la supplier de recommencer. Elle en avait rencontré des types bizarres. Des tarés même. Son propre Maître en était un. Mais… Un type qui semblait être excité par la douleur ? Elle ne pouvait décemment pas le croire. Elle n’y arrivait pas.

Pourtant, l’homme se plaça à genoux devant elle et commença à la supplier de lui marcher dessus, de lui donner des coups de pieds, alors qu’il commençait à retirer sa chemise. La combattante avait l’impression d’avoir débarqué dans une autre dimension.

Elle tenta de se reculer, mais l’homme s’avançait en rampant, commençant à saisir son pied et à le frotter contre son visage. Prise de panique, la demoiselle se hissa sur le lit et tenta d’éloigner le déséquilibré par des mouvements de pieds incertains. Elle n’osait même plus le frapper, terrifiée à l’idée qu’il en redemande. Et s’il venait à gémir ?

À cette simple pensée, l’ancienne paysanne se sentit pâlir. Elle pouvait accepter beaucoup de choses. Elle se trouvait particulièrement ouverte d’esprit. Mais jamais elle ne pourrait voir quoique ce soit d’excitant dans quelque chose qui l’écœurait autant.

La violence lui avait servi à survivre et à tuer. Pas à… Pas à ça.

Heureusement pour elle, Prisme daigna enfin entrer dans la chambre. Devant la scène qui se présentait, la blonde sembla hésiter avant d’éclater de rire.

 

  • « Mon cher Baron, il me semble que vous ne soyez en train d’effrayer ma petite promise… Je vous prierais de vous redresser et de vous calmer. »

 

Pour le plus grand bonheur de la Faucheuse, l’homme sembla se calmer instantanément et se releva. Il toussa, comme pour se redonner contenance, s’excusant de la piètre scène qu’il venait d’offrir. Il rattacha sa chemise, semblant être un homme totalement différent.

Néanmoins, Psiek n’osait toujours pas descendre du lit et gardait un pied levé, prête à repousser un potentiel assaut.

Prisme échangea quelques mots avec le Baron et le raccompagna jusqu’à la porte. Elle se tourna vers sa « promise » avec un petit sourire, expliquant que son ami avait quelques préférences pour la violence et la douleur, au point de parfois en perdre la tête et se laisser totalement aller.

La blonde ne put s’empêcher de rire à nouveau en voyant que la combattante n’avait toujours pas quitté sa position de défense, son pied frappant parfois dans le vide, comme si elle craignait la soudaine apparition du Baron devant ses yeux.

Pourtant, ce genre de préférences n’était pas si rare. Il était triste de voir comme les gens pouvaient ignorer la réalité autour d’eux. Ignorer ce genre de penchants, voire même haïr ces pratiques…

Elle secoua la tête, laissant quelques mèches roses lui fouetter délicatement le visage, avant de s’approcher. Elle proposa de s’assoir calmement, se posant près de la châtain qui semblait tendue. Très tendue. Prisme s’était doutée que la jeune fille ne serait pas très à l’aise, mais l’approche du Baron avait rendu la situation encore plus délicate.

 

  • « Tu sais, ce genre de chose n’est pas si rare. Si on ignore les versets idiots du Livre Saint, qu’est-ce qui te fait penser que ce genre d’acte est mauvais ? »

 

  • « Je tue avec la violence… Et je combats. Je suis quand même bien placée pour savoir que ces actes sont immondes ! » rétorqua Psiek d’un air choqué.

 

 

La fille à la peau d’ébène soupira et secoua la tête. Elle ne devait pas oublier qu’elle était une paysanne. On lui avait bourré le crâne avec certains préceptes. Ça, plus le fait d’être combattante dans ce manoir… Il serait dur de lui faire entendre raison.

 

  • « Ces actes sont immondes car les personnes en face ne veulent pas le subir. Mais si la personne est consentante… Que penses-tu des relations charnelles entre deux femmes ? »

 

Psiek déglutit et rougit, détournant légèrement le regard. Ce qu’elle en pensait ? Elle ne savait toujours pas. Elle ne pouvait pas dire que c’était particulièrement immonde.

Elle avait longtemps soupçonné la fille de Hugue et celle du Père Lidreux de faire des choses pas vraiment acceptables, en cachette. Et elle n’avait jamais rien dit, car au final, elles ne faisaient de mal à personne.

Mais se sentait-elle capable de faire quoique ce soit avec une femme ?

La châtain soupira finalement, expliquant que cela ne faisait de mal à personne, à sa connaissance. Même si elle n’était pas sûre de savoir comment deux femmes pouvaient avoir du plaisir ensemble. Un homme et une femme, oui. Mais deux femmes ?

Malgré elle, elle ne put s’empêcher de se rappeler d’un des gestes de Fémence, lors de leur premier moment de plaisir ensemble… Mais cela suffisait-il réellement ?

Alors qu’elle était plongée dans ses pensées, Psiek sentit des lèvres se poser sur son épaule, sursautant et regardant la coupable avec de gros yeux. Ok, elle allait forcément y passer… Mais elle restait une femme.

Elle s’apprêta à parler, mais Prisme l’attira contre son torse, lui offrant un simple câlin chaste. Ses mains se glissaient lentement sur ses hanches, les caressant sans aucune arrière pensée. Il fallait avouer que la sensation était très agréable, et moins gênante qu’elle aurait pu l’imaginer. Mais une partie d’elle restait encore tendu.

Sous les conseils de sa future partenaire, Psiek ferma les yeux et tenta de se concentrer sur la sensation que lui procuraient les mains. Elle les sentait glisser sur son corps, son ventre, sur le bas de son dos, effleurer lentement ses seins… Un frisson les fit d’ailleurs se dresser, les bouts pointant légèrement contre le tissu fin de sa robe.

La voyant toujours immobile, Prisme conseilla à sa partenaire d’essayer de toucher son corps, de le découvrir.

La jeune femme s’exécuta, posant timidement ses mains sur son torse. Elle sembla réfléchir, glissant lentement ses mains en dessous des seins. Il n’était pas difficile de deviner que la blonde n’avait pas de poitrine. Mais pouvait-elle ressentir du plaisir sans poitrine ?

Hésitante, la Faucheuse prit son courage à deux mains et releva lentement ses mains, tentant de caresser les seins plats de sa partenaire. Elle tenta de réitérer les gestes de Fémence, massant délicatement, tournant autour des auréoles. Une sorte de fierté la saisit en entendant le souffle raccourci de sa partenaire, preuve qu’elle réussissait à lui procurer un peu de plaisir.

Psiek continua un petit moment, néanmoins perdue pour la suite. Il lui semblait tellement plus simple d’apporter du plaisir à un homme…

Sans lui laisser davantage de temps pour réfléchir, Prisme, commença à abaisser la décolleté de la demoiselle, ses lèvres se glissant sur le haut de sa poitrine et la parsemant de baisers. La demoiselle profitait de la surprise de sa partenaire pour abaisser davantage son haut, dévoilant entièrement sa poitrine et la saisissant de ses deux mains.

Elle commença à jouer avec chacun des seins, ses lèvres engloutissant les boutons dorés tandis que ses yeux observaient les grimaces sur le visage de sa victime. Au-delà de la gêne, elle pouvait deviner qu’un plaisir s’installer de plus en plus dans le corps qui lui appartenait désormais pour quelques instants, et elle se régalait de voir cette fille s’abandonner à cette chose qui l’effrayait tant auparavant.

Prisme continua ses tendresses buccales, laissant une de ses mains s’aventurer tendrement entre les cuisses de la demoiselle, les caressant avec délicatesse. Elle ne cherchait absolument pas à s’emparer de ce corps. Elle voulait que la combattante s’abandonne. Qu’elle abandonne totalement ces vieilles idées imposées par les autres. Qu’elle comprenne le plaisir qu’elle pouvait éprouver, qu’elle n’en ait aucune honte.

La blonde se redressa un moment, observant avec fierté l’état dans lequel elle avait mis sa proie. Elle aimait particulièrement voir les joues rougit et le regard perdu de ses victimes. Les voir hésiter à se laisser aller entièrement à la tentation. Devaient-elles céder au Péché ? Devaient-elles aller contre tous les principes de Dieu ?

Elle savait par avance qu’elles le feraient. Le plaisir était bien trop grand pour y résister. Et elles finiraient par comprendre qu’il n’était pas question de péché. Uniquement de plaisir et de partage.

Oh que oui. Prisme aimait coucher avec les hommes. Mais elle adorait par-dessus tout coucher avec les femmes. Elle les trouvait plus tendre, plus sincère, elles s’abandonnaient plus facilement entre ses doigts. Il n’y avait aucune barrière qui s’installaient entre elles.

La jeune femme se redressa et releva sa robe, laissant sa poitrine nue se dévoiler, son corps uniquement couvert d’un simple panty à froufrous.

Elle perçut le regard perplexe de Psiek quant à son torse plat, mais elle décida de ne pas lui laisser le temps de réfléchir. C’était le genre de moment qu’elle redoutait à chaque fois. À chaque nouvelle prise. La surprise, l’hésitation, le doute. Elle avait horreur de ça.

Les lèvres de Prisme se plongèrent sur celles de Psiek, échangeant un baiser chaud et humide pour lui faire tourner la tête. Un soulagement l’envahit en sentant la châtain répondre au baiser et s’agripper à elle, sa langue se mêlant à celle de sa partenaire, leurs gémissements se fusionnant pour ne former qu’une magnifique harmonie.

La jeune femme fut même surprise de sentir la combattante prendre les devants et chercher à se frotter contre elle, son bassin quémandant quelques attentions.

Mais il n’était pas encore temps. Prisme voulait continuer ce baiser, frottant simplement son corps contre sa partenaire tout en la déshabillant, ses lèvres quittant quelques fois les siennes pour dévorer la peau qui s’offrait à elle. Elle laissait parfois un suçon ça et là, non pas pour marquer sa possession, mais bien pour montrer que du plaisir avait pénétré cet espace.

Elle se redressa à nouveau pour contempler son œuvre, un sourire se dessinant en coin. Elle se mordit la lèvre inférieure, enlevant enfin le bas de Psiek, satisfaite de voir que l’humidité avait gagné du terrain. Ses lèvres descendirent petit à petit le long de son torse, sa langue traçant le contour de son nombril, esquivant l’intimité pour embrasser les cuisses. Elle voulait lui montrer que tout ne passait pas directement par le sexe. Le corps entier était un terrain érogène qui ne demandait qu’à être découvert et titillé.

Prisme comprit d’ailleurs que la demoiselle possédait une petite sensibilité au niveau des pieds, ses doigts glissant lentement le long de la plante, appuyant avec délicatesse, provoquant un soubresaut divin chez sa victime.

Sachant qu’elle avait eut ordre de se nettoyer de fond en comble, la blonde ne craignit rien et s’amusa un déposer un baiser dans le creux du pied, amusée du regard choqué qui l’observait. Elle ne laissa pas davantage de temps à Psiek pour réfléchir, s’amusant à glisser sensuellement sa langue, croquant délicatement un de ses orteils, amusée de voir la jeune fille lutter contre ses gémissements.

 

  • « A… Arrêtes… C… C’est bizarre… Et c’est sale… » gémit faiblement Psiek, peu habituée à perdre autant le contrôle.

 

  • « Ce n’est pas sale, tu t’es lavée… Et si tu éprouves du plaisir par cet endroit, je ne vais pas me priver de t’en donner… Personne ne l’a fait avant, après tout. »

 

Psiek déglutit avec difficulté, se tendant en sentant une pression le long de son épiderme, se mordant fortement le poing pour tenter de se contenir. Elle n’avait jamais pris conscience d’une telle sensibilité à cet endroit. En réalité, hormis la poitrine, le ventre, les fesses et sa vulve… Et bien, on ne cherchait pas vraiment à la toucher autre part. Et ça lui avait semblé logique, jusque-là.

Mais le massage de la jeune femme la rendait complètement folle. Elle avait l’impression de partir loin, c’était une sensation terriblement différente de d’habitude.

Elle sursauta en sentant sa partenaire lui mordre délicatement le talon, lui jetant un regard envieux malgré elle. La châtain avait été effrayée au début, mais désormais, elle voulait juste continuer dans le plaisir.

Psiek hésita un peu et se redressa finalement, regardant sérieusement  la blonde. Elle usa de tout son courage pour lui demander ce qu’elle aimait.

Quitte à mourir par le péché, autant y aller à fond, n’est-ce pas ?

Prisme eut un léger rire, expliquant qu’elle possédait une zone érogène au niveau des oreilles, curieuse de voir ce que ferait la châtain. Cette dernière se rapprocha et se blottit, observant un moment l’oreille droite avant de se pencher et d’attraper le lobe, l’embrassant, le léchant, le mordillant, vérifiant ses réactions.

Un soulagement la saisit en voyant sa partenaire pousser des soupirs d’aise, en sentant ses tétons durcis contre son torse, en sentant…

Son érection ?

Psiek cligna des yeux de nombreuses fois, jetant un regard particulièrement perdu vers l’étrangère. Elle avait bien senti ce qu’elle avait senti ? Mais pourtant, ce n’était pas possible…

Prisme poussa un profond soupir. Elle aurait préféré repousser ce moment. Surtout que la jeune femme face à elle restait une paysanne dont l’esprit était bourré par des croyances peu délicates. Elle acceptait déjà beaucoup de choses, pour une fille qui n’avait pas vraiment de libre arbitre…

 

  • « Je… Croyais que tu étais une femme ? » hésita la châtain, ne sachant pas si elle devait se sentir rassurée ou encore plus inquiète.

 

  • « Je le suis. Je me sens comme une femme. Je me suis toujours sentie ainsi. Je veux que tu m’appelles Prisme. Que tu dises « elle » en parlant de moi. Que tu me vois comme une femme, malgré mon sexe. T’en sens-tu capable ?

 

La Faucheuse n’était vraiment pas sûre de comprendre. Ces phrases la dépassaient totalement. Se sentir femme dans un corps d’homme ? En y réfléchissant bien, hormis son sexe, Psiek n’avait jamais eut l’impression d’être face à un homme…

Elle n’était toujours pas sûre de tout comprendre.

Une chose était sûre, néanmoins. Qu’elle soit homme ou femme, Prisme lui avait procuré beaucoup de plaisir. Si elle s’en référait au Livre Saint, elle avait déjà commis énormément de péchés. Elle n’en était plus vraiment à un près…

Alors, même si elle ne comprenait pas tout, elle pouvait la considérer comme femme et continuer à prendre du plaisir avec elle. Même si elle ne comprenait pas tout, elle voulait continuer dans le péché avec elle.

Sans réfléchir davantage, et pour toute réponse, Psiek embrassa langoureusement Prisme, se frottant à elle avec envie. Elle se sentit par ailleurs un peu plus rassurée, ses mains reprenant ses caresses sur sa poitrine absente, ses lèvres quittant les siennes pour retourner à l’attaque de l’oreille droite qui n’attendait qu’elle, et son bassin se frottant de plus en plus contre celui de la blonde, dans l’attente de toujours plus.

En cet instant, il lui importait peu. Psiek était prête à signer avec le Diable.

À condition que le Diable ait la belle gueule de Prisme.

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