Chapitre 21: Enfin atteint!

La jeune femme observait le corps endormi près d’elle, dans le lit. L’homme respirait lentement, calme, ignorant ce qui allait se passer.

Psiek se remémorait sans mal la demande de son Maître. Et pour le moment, le plan se déroulait parfaitement bien. Ce n’était clairement pas le moment de tout rater.

Nicolae l’avait surprise, lorsqu’il lui avait montré un portrait et qu’il lui avait expliqué qu’elle allait devoir trouver un moyen pour piéger le modèle, le mettre en confiance et l’épuiser assez pour pouvoir subtiliser un objet. Il avait été très flou sur le moyen d’épuiser le modèle, mais…

Mais Psiek n’était pas dupe. C’était une nouvelle façon pour l’Hôte de la tester. De voir jusqu’où elle était prête pour agir.

La dernière fois, en suivant son impulsion, elle avait eut une chance incroyable. Si Nicolae n’avait pas la même haine qu’elle envers les pédophiles, elle savait qu’elle serait déjà morte. Même s’il s’agissait sûrement d’un « plan » de Prisme, la châtain ne devait plus laisser son libre-arbitre agir. C’était sa vie qui était en jeu.

Sa vie et sa liberté.

Pour être honnête, faire tomber cet homme dans son lit n’avait pas été compliqué. Il faisait partie de ces fans particulièrement louches qu’elle détestait. Bien plus que le baron de l’autre fois.

Car eux ne rêvaient pas d’une violence sur eux-mêmes. Ils rêvaient d’une violence sur les autres, ils se repaissaient de la douleur. Alors se rapprocher de lui, proposer de s’échapper dans une chambre pour quelques instants de plaisir… C’était comme un rêve devenu réalité aux yeux de ce salopard.

Il avait dit oui immédiatement.

Psiek soupira et se redressa, sortant du lit et se penchant vers l’amas de vêtements sur le sol. Elle commença à fouiller, ses mains allant jusqu’à glisser dans les rares poches des vêtements. Mais rien. L’objet n’était pas là.

Se souvenant d’une sensation fraîche sur sa poitrine, la demoiselle releva le regard et observa le torse de l’homme. Il possédait une chaîne et une bague y était accrochée.

Évidemment, ce ne serait pas marrant si c’était simple.

La jeune femme soupira et se glissa à califourchon sur la bête dormante, se retenant de pouffer de rire en l’entendant ronfler. Lui qui se vantait de son extrême délicatesse et de son raffinement… Il paraissait actuellement bien plus grossier que tous les paysans avec qui elle avait pu coucher jusque-là.

Et la bave qui commençait à s’écouler le long de son menton n’arrangeait absolument rien.

Elle se pencha et glissa ses mains dans sa nuque, essayant de décrocher le pendentif. Elle soupira en sentant la résistance lâcher, récupérant la bague et se relevant. La châtain n’avait absolument plus rien à faire ici.

Elle avait juste hâte de pouvoir se laver après ça.

Le corps se vêtit rapidement et s’extirpa de la chambre, se dirigeant vers un étage qu’il ne connaissait que depuis très peu de temps. Depuis la veille, en réalité. C’était ici qu’elle devait retrouver son Maître. C’était ici que se trouvait sa chambre…

Psiek soupira et toqua finalement à une porte blanche. Son cœur battait de plus en plus vite. Et s’il s’agissait d’un piège ? Peut-être voulait-il vérifier si elle était toujours vierge ? Bien que cela semblait peu logique. Il avait permis à Prisme de la « louer ». Et même si Prisme était une femme, elle possédait tout de même un attribut… Viril.

Et il lui semblait impossible que Nicolae ignore la vérité sur Prisme. Elle était bien trop importante. Mais en même temps… Pouvait-il exister un bourgeois assez ouvert d’esprit pour accepter une telle différence ? Il semblait si horrible, si peu compréhensif… Avait-il était assez fin pour comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une mauvaise chose ?

Ou peut-être s’en foutait-il simplement.

La combattante secoua la tête et soupira. Peu importe. Elle aimait beaucoup Prisme, mais… Mais elle n’était clairement pas en mesure de penser au bien-être de quelqu’un d’autre. Pas dans sa situation. Après tout, qui penserait à elle sinon ? Personne. Elle devait rester concentrée sur sa propre situation.

Mais elle espérait tout de même que Prisme ne connaisse jamais d’ennui pour sa situation.

 

  • « Et bien… Tu as été plus rapide que je ne l’aurai cru. As-tu ce que je désire ? »

 

La châtain hocha doucement la tête et présenta la bague, la posant simplement dans la paume tendue. Ce n’était pas de sa faute si l’autre imbécile n’avait pas été capable de tenir plus de trois minutes. Et évidemment, il s’était endormi aussitôt, sans même se poser de question sur la condition de sa partenaire.

Heureusement qu’elle n’était pas partie avec l’idée d’avoir un orgasme, elle aurait été particulièrement frustrée sinon…

Le Maître observa un moment la bague, un sourire apparaissant et s’agrandissant sur son visage. Il semblait ravi. Pourtant, cette bague ne semblait pas vraiment intéressante. Même si la demoiselle ne connaissait pas grand-chose en matière de bijoux et de richesse, elle voyait bien que l’objet était vieillot.

Peut-être avait-il une richesse sentimentale, mais c’était sûrement tout ce qu’il pouvait posséder.

 

  • « Tu exécutes chacune de mes demandes, depuis le début, sans discuter. Hormis pour cette histoire de… Poils. Mais je peux passer outre. Tu es bien trop intéressante pour que ce simple sujet nuise à tous mes desseins te concernant. »

 

Nicolae lâcha un léger rire et indiqua à la demoiselle d’entrer. Il s’installa dans un fauteuil luxueux et lui ordonna de se mettre à genoux devant lui.

Une tension gagna la tempe de la demoiselle, mais elle s’exécuta. Ce n’était pas le moment de craquer d’énervement. Même si l’air suffisant du personnage lui donnait envie de tordre des nuques…

L’homme présenta finalement sa main sous le nez de la jeune femme, attendant en silence. Semblant comprendre, la châtain saisit délicatement la main et y déposa un baiser. La paume était incroyablement froide. Pourtant, la peau était d’une douceur sans nom. Les ongles étaient d’une même taille, limés à la perfection. Et elle pouvait deviner une légère couche de vernis protecteur. Peut-être légèrement rosé, pour embellir davantage ces mains ?

Pour être honnête, Psiek n’avait jamais pu observer la main d’une personne riche. Délicate, si. Elle fréquentait Fémence, après tout. Mais riche…

Pourtant, elle ne voyait pas énormément de différence entre cette main et celle du roux. Il n’y avait pas de bijoux inutiles. Hormis cette impression que les mains n’effectuaient aucune tâche difficile… Il n’y avait rien qui pouvait présenter une quelconque richesse.

La jeune femme sursauta en sentant la main bouger et saisir son menton avec une certaine délicatesse. Ses yeux se plongèrent malgré elle dans ceux de Nicolae. L’homme semblait la regarder avec une certaine tendresse.

Son pouce glissait sur sa joue, la caressant en silence. Une gêne commença à gagner la demoiselle. Ce moment était beaucoup trop étrange à ses yeux.

 

  • « Félicitation, jeune combattante. Te voilà hissée au rang de Jouet. Tu m’appartiens entièrement désormais. Personne d’autres que moi n’aura le droit de te toucher. Est-ce bien clair ? Pas même Fémence… À moins que je ne t’en donne l’ordre, mais j’en doute. Tu apprendras que je suis très… Possessif. »

 

L’homme lâcha un petit rire et secoua délicatement la tête, comme pour faire virevolter ses cheveux. Il expliqua qu’elle devrait venir chaque soir et qu’elle s’occuperait de le chouchouter. Elle le masserait, lui procurerait quelques caresses, le ferait manger…

Mais il était hors de question qu’elle reste dormir. Et hors de question qu’elle ne touche à des partis trop intimes de son corps. Il ne voulait pas d’une vulgaire esclave sexuelle. Il voulait la tendresse incarnée, rien de plus.

 

  • « N’est-ce pas ironique ? De la tendresse de la part de la Faucheuse. De la tendresse de la part d’une paysanne pouilleuse qui n’avait jamais connu de vrai bain avant d’arriver ici… » susurra le jeune homme, le regard moqueur.

 

Psiek déglutit difficilement. Elle hocha néanmoins la tête, promettant de tout faire pour le rendre heureux. Pour rendre heureux l’espèce d’enfoiré qu’il était…

Il n’avait absolument aucun respect pour elle. Il avait simplement vu qu’elle était prête à tout pour lui. Prête à se sacrifier pour le « contenter ». Il ne voyait que les avantages qu’il pouvait acquérir. Rien de plus…

L’homme se déchaussa d’un geste souple et tendit l’un de ses pieds à la jeune femme, lui ordonnant de commencer à le masser. Elle ne réfléchit pas et commença immédiatement.

Même la paume de son pied était d’une douceur infinie. Il n’y avait pas de peau morte, même pas de callosité. Elle se demandait si c’était parce qu’il marchait très peu… Ou bien lui prodiguait-on des soins suffisamment efficaces ?

Même là, ses ongles étaient coupés, limés et vernis. Absolument rien de son corps ne semblait négligeait. C’en devenait presque maladif. Comme s’il ne voulait pas que son corps ne se dégrade. Comme s’il craignait de perdre de sa superbe et qu’il défiait le temps lui-même.

Il n’avait aucun défaut. Et pourtant, la première fois depuis qu’elle ne voyait… Psiek le trouvait fade. Comme sans vie.

Il n’avait pas cette petite étincelle.

 

Chapitre 22

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Passionnée de lecture et d’écriture depuis toujours, débordant d’imagination, j’ai décidé de me lancer et de faire connaître au monde ce qui peut sortir de mon esprit fertile.

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